Petites annonces
Les petites annonces arrivent avec la multiplication des journaux au XVIII e siècles ont permis de faciliter les demandes anonymes et discrètes, elles sont dans la continuité des agences matrimoniales. Le but de ces annonces est généralement de trouver un partenaire pour amitié, amour ou relations sexuelles sans engagement. Les annonces privées contiennent habituellement une description de la personne plaçant l'annonce et une description de la personne recherchée. On y retrouve des rubriques comme "homme cherche femme", "femme cherche homme", "homme cherche homme" et "femme cherche femme".
Les annonces privées se trouvaient auparavant dans les journaux, tel que le « chasseur français » réputé pour. Avec ces annonces la prise de risque est réduite au minimum, l’anonymat n’oblige guère la sincérité et les déconvenues sont nombreuses. La brièveté des messages privilégie des informations objectives qui masquent l’identité profonde.
Avant la première guerre mondiale, il n'est pas encore question d'amour. Les considérations financières sont omniprésentes. On cherche un bon parti. Ainsi, en 1898 un homme écrit : "Célibataire rentier, 38 ans, désire connaître célibataire, même âge, ayant rentes, pour vivre ensemble, frais communs. On ne s’ennuiera pas." Ou, en mars 1900 : "Parents marieraient jeune fille, 20 ans, dot 30 000 francs avec fonctionnaire, négociant ou industriel."
Une belle dot peut par exemple aider à effacer une "tache", autrement dit que la jeune fille, qui a perdu sa virginité, n'est plus toute blanche. Après la Grande Guerre, on y découvre le désespoir des "gueules cassées" ou des veuves de "poilus". En 1920, un "jeune mutilé de l’ouïe, pensionné militaire" cherche à épouser "jeune fille, même infirmité". Au fil des années, notamment avec la révolution sexuelle les premières descriptions physiques apparaissent, surtout pour les femmes. On peut y lire les premières remarques sur la vie intime et sexuelle. Certaines femmes écrivent qu’elles sont "ardentes", "câlines", voire "très caressantes."
Explique Libération qui a consacré une pleine page aux ptites annonces du Chasseur français.
Le Minitel, qui apparaît dans les années 80, puis Internet dix ans plus tard vont signer le lent déclin des petites annonces matrimoniales. Le Chasseur français s'est d'ailleurs mis à la page en lançant fin 2012 son propre site Internet, Brindamour, qui revendique 20 000 abonnés. Une goutte d'eau comparée aux mastodontes des entremetteurs numériques comme Meetic ou Adopte un mec. Mais l’ancêtre des sites de rencontres peut s’enorgueillir d'un autre chiffre. Selon ses calculs, 4,5 millions de Français sont nés grâce à ses petites annonces.