Rallye
Dans une quête de remplacement des mariages forcés, les parents des familles socialement aisées créèrent des soirées pour que leurs enfants puissent rencontrer de jeunes gens de leur milieu social. Ainsi naissent les rallyes dansants.
Selon les sociologues Michel et Monique Pinçon-Charlot les rallyes existent depuis les années 1950, ils les définissent comme des " groupes informels, dont les membres sont soigneusement sélectionnés par les mères de famille ". Ces jeunes apprennent à vivre ensemble, à se connaître et se reconnaître, et finalement à organiser leur vie affective, et sexuelle en conformité avec les obligations matrimoniales d’une reproduction sociale efficace. Ces rallyes commencent dès l’âge de dix à treize ans, par des sorties culturelles, pour se terminer par de grandes soirées dansantes. Durant ces soirées les jeunes apprennent à danser le rock ou la valse, ils font des activités en groupe et se socialisent avec d’autres jeunes de leur milieu pour pouvoir former un groupe social. Ces réunions ne se pratiquent que dans les classes sociales supérieures : aisées, bourgeoises ou nobles, leur objectif est « faire en sorte que les jeunes ne ruinent pas un avenir brillant, un destin hors du commun, par une mésalliance qui viendrait rompre le fil de la dynastie, noble ou bourgeoise ». Il s’agit de la persistance de l’endogamie sociale ou homogamie ou encore isogamie, le fait de chercher un conjoint dans le milieu social auquel on appartient. Pour accéder à ces rallyes des invitations sont envoyées à la famille de l’invité. Certain rallyes sont payants, le prix de la place peut aller d’une centaine à un millier d’euro. Certaines familles n’hésitent pas à mettre les grands moyens pour organiser un rallye.